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ACT-TCC

La thérapie d'Acceptation et d'Engagement ACT (Acceptance and Commitment Therapy). Une nouvelle forme de thérapie comportementale et cognitive (TCC) dont les indications sont de plus en plus nombreuses.

 

Historique et théorie : 

ACT est issue des travaux initiaux du psychologue américain Steve Hayes.

Confronté à des attaques de panique, alors qu'il était un jeune praticien des thérapies comportementales, Steve Hayes essaya tout d'abord le traitement standard, la thérapie comportementale et cognitive, et ne résolvant pas ses problèmes il mis à l'epreuve la méditation qu'il pratiquait pour se distancier de son expérience interieure d'anxiété.

Il commença alors à tester et à comprendre l'efficacité de cette interventions au cours de programmes d'études en laboratoire, et ce n'est qu'en 1999 qu' une équipe composée de Steve Hayes, Kirk Stroshal et Kelly Wilson publia le livre fondateur de L'ACT (Schoendorff et al., 2011).

 

ACT étudie et cible le langage et ce que nous en faisons, car le langage, l'utilisation de symboles (les mots) est propre aux être humains; c'est une forme trés particulière d'apprentissage : l'apprentisage relationnel.

Avec les mots, nous pouvons établir des liens, des relations entre tous les objets (au sens large du terme), du monde extérieur et du monde  intérieur, y compris nos idées, pensées, émotions sensations, et même créer des relations entre les réseaux de relations. Ce mécanisme dénommé cadrage relationnel va au cours du développement constituer l’expérience mentale (Schoendorff et al. 2011).

 

C'est trés utile, car le langage est un raccourci, un moyen de transmettre des connaissances sans contact direct, mais du coup cela donne une prise extrêmement importante de notre expérience intérieure sur notre expérience du monde extérieur, tellement bien que parfois elle nous amène à réagir comme si ce qui se passait dans notre tête était la réalité, et cela peut être bien souvent le générateur de souffrances importantes.

 

Prenons quelques exemples : une personne qui aurait été mordue par un animal pourrait par le biais du langage, associer le bruit de cet animal à la douleur et à la peur de l'incident, et même au nom de l'animal, si bien qu'à la vue du nom de cet animal inscrit sur un journal, une publicité ou au mot entendu, elle pourrait ressentir des choses qui se rapprochent de l'expérience initiale qu'elle a intériorisée... Et elle aurait tendance à  eviter toutes ses expériences désagréables parfois au prix d'une vie qui se contracterait autour de ces évitements.

 

Une personne qui déprime parce qu'elle a été rejétée, pourrait par les mêmes mécanismes du langage associer dans sa tête,  toutes les situations sociales dans lesquelles elle pourrait être rejetée, avec son expérience interieure de rejet, et du coup les fuir comme la peste, les éviter... pour au final se sentir plus rejetée. Elle pourrait même essayer d'éviter de penser à ces idées qui la déprime, renforçant leur pouvoir en s'y connectant pour ne pas y penser, créant une sorte de toile d'araignée mentale dans laquelle chaque mouvement d'évitement l'entrainerait encore au contact avec sa soufrance paradoxalement.

 

Une personne au prise avec un trouble anxieux pourrait essayer d'éviter toutes les situations qui sont associées avec de l'anxiété, dans son imagination, ou même dans ses ressentis corporels,  evitant de plus en plus de situation et créant paradoxalement un monde de plus en plus anxiogéne puisque les situations à contrôler et éviter se multiplient...

 

ACT isole ainsi une façon de régler les problèmes particulierement dysfonctionnelle, qui marche vraiment mal, l'evitement expérientiel :  eviter de resentir, ou de penser à ce que l'on ressent. Cet evitement est associé à la fusion cognitive (fusioner avec ses pensées).

 

 ACT propose des stratégies ciblées pour sortir de cette lutte au profit d'une vie plus riche; en luttant moins pour éviter ou contrôler des choses pour lesquelles le contrôle direct est peu efficace (Acceptation) et en redirigeant son énergie vers des actions qui nous amènent à faire ce qui compte vraiment (Engagement).

 

La métaphore du GPS illustre assez bien le phénomène de raccourci permis par le langage : Nos histoires de vie, nos expériences, ont programmé notre GPS intérieur à nous approcher ou à éviter certaines situations comme de bons ou mauvais itinéraires. Si le GPS est à jour, il reflète bien la réalité du parcours et des endroits que nous traversons, il va donc nous servir de raccourci d'expérience il va nous permettre de réelement éviter les ennuis; s’il dysfonctionne, il peut au contraire nous amener sur des mauvaises routes ou nous priver des parcours de vie où nous ferions des expériences importantes pour nous.

 

ACT nous apprend à prendre de la distance par rapport à notre expérience intérieure, et à clarifier ce qui compte vraiment  pour agir plus efficacement vers une vie pleine de sens.

 

L'évitement expérientiel étant présent dans la plupart des difficultés psychologiques, il est attendu que cette thérapie soit utile dans de nombreux cas, et  pour de plus amples explications sur les études soutenant l'efficacité de ACT, vous pouvez consulter le site de l'ACBS, qui regroupe les principales études scientifiques liées à l'ACT (https://contextualscience.org) ou en français le site de l'AFSCC (https://contextualscience.org/afscc)

 

Christophe Cazauvieilh (2013-2016)

  • Schoendorff, B., Grand, J., & Bolduc, M.-F. (2011). La thérapie d'acceptation et d'engagement: Guide clinique. Bruxelles: De Boeck.